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In the name of God / Au nom de Dieu

Image of Sangatte Beach
Image of Sangatte Beach

From: https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2021/01/29/in-the-name-of-god-au-nom-de-dieu/

a mother’s letter on the loss of their child, september 2020

Aleksandra H. Daugther of H Ibrahim and R Sharif. Born 2/9/20, died 5/9/20 of perinatal anoxia following a premature birth. Her family, the mother heavily pregnant, were intercepted on a beach by the police following an attempted boat crossing. They were shocked, soaked and cold and, despite calls for help,were made to wait for + five hours before being released and being able to go to hospital. No medical care was received before that. An emergency birth was carried out, but despite doctors efforts the baby did not survive.
The parents have since filed a legal complaint, and the mother wrote a letter. They wish for their story to be heard, hence, here it is for you to read.

In the name of God

This is the story of the mother who dreamt of the birth of her child.

But unfortunately black hands who called themselves police, who had no conscience or human rights or understanding towards a pregnant woman, deprived me of my dream.

My story begins on a cold night on 2 September 2020, on the beach we were trying to leave from to go to Britain.

But a group of police who had no conscience nor heart treated us very badly.

They destroyed all our dreams and did not allow us to cross.

They made us wait on the street. My agony started from there.

I was a pregnant mother, my only dream was to protect my unborn child until the time of birth.

But the cold street that the police kept forced us to wait on, led to the loss of my baby. We were forced to wait there for six hours in the cold, until I felt sick. I called for an ambulance, I asked for help but they just didn’t listen to me. The police were so cruel. They ignored me and when eventually I made my way to the hospital it was too late.

The doctors put me into surgery immediately. They told me that the baby’s heart had stopped beating and they had to intervene.

Through the doctors’ efforts, they brought the baby’s heart back to life again.

The baby’s lungs were full of blood. They managed to treat that too.

But my baby was under medical supervision at the hospital, because the brain was not sending signals to the rest of its body, to keep it alive.

When one by one they removed the medical devices, his heart has stopped once and for all.

This is my story, the story of a bereaved mother whose broken heart screams. She screams because she lost her baby.

I will raise my voice and shout to the whole world, to journalists. No to violence, no to police hurting refugees.

I hope such stories will never be repeated, I hope no other mother will ever lose her baby.

This sorrow of mine will not disappear.

Thank you for hearing me.

The heartbroken mother.

 

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FRANÇAIS

Lettre d’une mère sur la perte de son enfant, septembre 2020

Aleksandra H. Fille de H Ibrahim et R Sharif. Née le 02/09/20, décédée le 05/09/20 d’une anoxie périnatale suite à une naissance prématurée. Sa famille, la mère enceinte de plusieurs mois, a été interceptée sur une plage par la police suite à une tentative de traversée en bateau. Iels ont été choqué.e.s, trempé.e.s et gelé.e.s et, malgré les appels à l’aide, ont dû attendre plus de 5 heures avant de pouvoir partir et se rendre à l’hôpital. Aucun soin médical n’a été reçu avant cela. Une césarienne d’urgence a été effectuée, mais malgré les efforts des médecins, le bébé n’a pas survécu.
Depuis, les parents ont porté plainte et la mère a écrit une lettre. Iels souhaitent que leur voix soit entendue, c’est pourquoi la voici pour que vous puissiez la lire.

Au nom de Dieu

C’est l’histoire de la mère qui a rêvé de la naissance de son enfant.
Mais malheureusement, des mains noires qui se disaient policières, qui n’avaient ni conscience, ni droits de l’homme, ni compréhension envers une femme enceinte, m’ont privée de mon rêve.
Mon histoire commence par une nuit froide du 2 septembre 2020, sur la plage que nous essayions de quitter pour aller en Grande-Bretagne.
Mais un groupe de policiers qui n’avaient ni conscience ni cœur nous a maltraité.e.s durement.
Ils ont détruit tous nos rêves et ne nous ont pas permis de traverser.
Ils nous ont fait attendre dans la rue. C’est là que mon agonie a commencé.

J’étais une mère enceinte, mon seul rêve était de protéger mon enfant à naître jusqu’au moment de la naissance.
Mais la rue froide dans laquelle la police nous gardait et nous forçait à attendre, a entraîné la perte de mon bébé. Nous avons été obligé.e.s d’attendre là pendant six heures dans le froid, jusqu’à ce que je me sente malade. J’ai souhaité que l’on appelle une ambulance, j’ai demandé de l’aide mais ils ne m’ont pas écoutée. La police a été si cruelle. Ils m’ont ignorée et quand j’ai fini par être amenée à l’hôpital, il était trop tard.

Les médecins m’ont immédiatement opérée. Ils m’ont dit que le cœur du bébé avait cessé de battre et qu’ils devaient intervenir.
Grâce aux efforts des médecins, ils ont ramené le coeur du bébé à la vie.
Les poumons du bébé étaient pleins de sang. Ils ont réussi à soigner cela aussi.
Mais mon bébé était sous surveillance médicale à l’hôpital, parce que le cerveau n’envoyait pas de signaux au reste de son corps, pour le maintenir en vie.
Quand ils ont retiré un à un les dispositifs médicaux, son cœur s’est arrêté une fois pour toutes.

C’est mon histoire, celle d’une mère endeuillée dont le cœur brisé hurle. Elle crie parce qu’elle a perdu son bébé.

Je vais élever la voix et crier au monde entier, aux journalistes. Non à la violence, non à la police qui fait du mal aux réfugié.e.s.
J’espère que de telles histoires ne se répéteront jamais, j’espère qu’aucune autre mère ne perdra jamais son bébé.
Mon chagrin ne disparaîtra pas.
Merci de m’avoir écoutée.

La mère au coeur brisé.